samedi, octobre 14, 2017

"Sometimes to love someone, you got to be a stranger."

Je préfère avertir dès le début que cet article contiendra des spoilers. Ceux n'ayant jamais vu le premier film et/ou n'auraient pas encore pu voir le second volet, fuyez!


Si la fin énigmatique de "Blade Runner" en 1982 , les différentes versions disponibles par la suite (au nombre de 7 dont la final cut de 2007 considérée comme définitive par son instigateur) ainsi que la flopée de théories soulevées semblaient avoir tout dit sur le roman de Philip K. Dick, c'était sans compter sur une suite quelques 35 ans après (l'ère des reboots et autres remakes vit des jours glorieux) qui est sortie dans les salles obscures il y a quelques jours. Denis Villeneuve est au commande de sa réalisation, gage de qualité s'il en est, et Ryan Gosling, acteur charismatique et de talent s'il en est, tient le rôle titre. 
La première question qui nous brûle les lèvres et dans laquelle tous nos espoirs d'explications reposent est bien de savoir si Rick Deckard, campé par Harrison Ford, est un Réplicant et que lui est-il arrivé depuis qu'il semble s'être enfui avec Rachel, l'humanoïde dont il était tombé amoureux en 2019. La force de ce reboot demeure justement dans le mystère laissé autour du protagoniste. On en sait plus sur le destin de Rachel (les scènes l'évoquant sont d'un onirisme sublime) mais le personnage d'Harrison Ford est toujours aussi opaque, du moins pour ceux qui ne sont pas convaincus par la théorie sur sa nature de Réplicant. On y revoit également Gaff, l'équipier mystique de ce dernier qui laissait partout où il passait des origamis dont la fameuse licorne à la source de nombreux débats et théories (signifierait-elle que les souvenirs de Gaff ont été implantés dans l'esprit du Blade Runner puisque les deux hommes semblent partager des rêves similaires? La licorne comme allégorie de la pureté et de la perfection irréelle de Rachel? L'animal imaginaire comme signe de ralliement des Réplicants inconscients de leur statut et persuadés d'être humains? Tant de questions et si peu de réponses...). Et Ryan Gosling dans tout ça? Il incarne un agent de police nommé K dont l'identité est claire dès le début, c'est un Réplicant/Blade Runner. Lui qui d'habitude joue des rôles expressifs et pleins de vie, sa déshumanisation est maîtrisée avec brio. J'en en dirai pas plus sur le sort de son personnage pour ne pas tout gâcher! Cela étant dit, ce "Blade Runner 2049" a su transmettre cette même passion déstabilisante qui  se dégageait du premier film. Des images magnifiques et une bande-son oppressante qui colle parfaitement à l'atmosphère saupoudrent le tout. Denis Villeneuve nous embarque une fois encore dans un labyrinthe de mystère et de bizarrerie tout en rendant hommage au plus beau film de science-fiction américain.


"Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve, sorti le 4 octobre 2017. 2h44min. Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Jared Leto, Robin Wright, Sylvia Hoeks,...


-A.

mardi, octobre 10, 2017

I'm gonna steal your thunder, you'd better run, you'd better hide.

Trois ans que l'on attendait ça. Même si la fin de Beady Eye avait quelque peu peiné la fan hardcore que je suis, l'idée d'une carrière solo de Liam Gallagher ne pouvait être qu'alléchante. As You Were est donc ce qui constitue son premier album en solitaire. Après des années de bourlingage, notre "connard cool" préféré, qui vient de souffler ses 45 bougies, atteint une certaine maturité et frôle l'excellence...
Car non seulement les compostions s'avèrent admirables, léchées, enivrantes, émouvantes, addictives et lennonesques, mais elles dégagent un aura qui fleure bon l'authenticité. Par là j'entends que le cadet de la fratrie Gallagher nous délivre ici douze morceaux honnêtes définissant à merveille sa personnalité entière et frontale qu'il a su distiller dans une plume acérée (les génialissimes "Greedy Soul", "Wall of Glass", "You Better Run", "I Get By", "Come Back To Me" lourde de sens). Certains titres évoquent les années 60, comme sortis d'une époque dont il serait nostalgique sans l'avoir vécue ("Paper Crown", "Universal Gleam", "For What It's Worth", "Bold", "Chinatown", "When I'm In Need"). Encore emprunt des effluves laissées par le dernier album d'Oasis Dig Out Your Soul et ses sonorités rock exaltantes et du vintage incontestable de Beady Eye, 'R Kid' signe un premier effort solo dont il peut être très fière et grâce auquel il nous montre qu'il n'a rien perdu de sa superbe et compte toujours bien en découdre avec le reste du monde. Une sincérité des plus agréables par les temps qui courent (je ne citerai pas le cas de son frérot qui ne fait que décevoir depuis peu en vendant son âme cf tournée avec U2 et autres soirées mondaines... et puis si je le cite!) et qui enfonce un peu plus le clou quant au caractère insubordonné de LG. Ainsi donc, un seul brûlot en poche et Liam Gallagher côtoie déjà les étoiles et se permet de squatter avec ceux qui l'ont toujours inspiré, la classe!



As You Were de Liam Gallagher, sorti le 6 octobre 2017. 12 titres (+ 3 en édition deluxe).
-A.

jeudi, septembre 28, 2017

Heaven is a big bang now, Gotta get to sleep somehow...

La promotion musclée du nouvel opus des Foo Fighters fut quasi immanquable: une vidéo de making of sous forme d'animations, une production étonnamment mainsteam, des singles prometteurs et une interview avec Chris Moyles pour Radio X. Ainsi donc, Concrete and Gold s'annonçait comme révolutionnaire mais finalement fait écho à leurs albums précédents. On retrouve, sans bouder notre plaisir, une alternance de morceaux robustes tout comme des titres plus décontractés qui raviront les fans. 


Concrete and Gold des Foo Fighters, sorti le 15 septembre 2017. 11 titres.
-A.